M6, déjà 20 ans!
mars 2, 2007
Nous sommes le 1er mars 1987. Depuis minuit, et lâextinction de la chaĂźne musicale TV6, la France ne vit plus quâavec 5 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision. Dans les studios du 16, Cours Albert 1er, dans le VIIIĂšme arrondissement, les techniciens de MĂ©tropole TĂ©lĂ©vision sâactivent encore quand la mire TDF laisse soudainement place aux images des coulisses de la nouvelle chaĂźne. Il est 11h15, et M6 commence sa diffusion en pleine cacophonie. Enfin, le PDG Jean Drucker apparaĂźt Ă lâantenne pour arrondir les angles : « Comme vous le voyez, nous ne vous cachons rien des derniers prĂ©paratifs (âŠ) Que la fĂȘte commence ! ». En plateau, lâanimateur Georges Lang en rajoute une couche : « Je vous le dis tout de suite : ce nâest pas facile ! (âŠ) Nous ne sommes pas des professionnels, confesse-t-il. Vous allez dĂ©couvrir avec nous une nouvelle façon de faire de la tĂ©lĂ© ».
M6 est nĂ©e. Au programme, beaucoup de musique et une grille minimaliste axĂ©e sur la contre programmation, avec des Ă©missions courtes devenues cultes, comme Turbo, Jazz 6, CinĂ© 6, et Ondes de choc (qui sâappellera ensuite Culture Pub). Mais Ă ses dĂ©buts, lâavenir de la chaĂźne est trĂšs incertain. M6 perd 1 million de francs par jour. En 1988, la secrĂ©taire dâEtat Ă la Communication, Catherine Tasca, dĂ©clare : « Il y a une chaĂźne gĂ©nĂ©raliste de trop ». Il faudra attendre la mort de la Cinq, en 1992, pour voir les comptes se stabiliser. La stratĂ©gie de Jean Drucker commence Ă payer.
En 1994, le tĂ©lĂ©spectateur dâM6 dĂ©couvre OphĂ©lie Winter avec Laurent Boyer dans Hit Machine. Il se trĂ©mousse sur la musique de « la plus grande discothĂšque du monde », aime le cinĂ©ma de science fiction, et regarde de la sĂ©rie amĂ©ricaine au kilomĂštre : de La petite maison dans la prairie Ă X Files, en passant par Une nounou dâenfer, Charmed, jusquâaux rĂ©cents Desperate Housewives et Prison Break, cette derniĂšre signant, Ă lâautomne dernier, la meilleure audience de la chaĂźne pour une sĂ©rie, avec 7,5 millions de tĂ©lĂ©spectateurs. Le flegme de Mac Lessgy (E=M6) et les sourcils dâEmmanuel Chain (Capital) signeront les autres grands succĂšs de la chaĂźne dans les annĂ©es 90.
Sa popularitĂ© assise, M6 enchaĂźne les coups. Câest une chaĂźne commerciale sans Ă©tats dâĂąme qui lance en 2001 la premiĂšre expĂ©rience française de tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©, Loft Story. PrĂšs de 5 millions de personnes suivent lâĂ©mission quotidienne, prĂ©sentĂ©e par Benjamin Castaldi, qui dĂ©trĂŽne « Le bigdil » de TF1. Dans la piscine, Loana et Jean-Edouard excitent la France et dĂ©clenchent une fiĂšvre Ă©ditoriale. Le record dâaudience est atteint le soir de la finale avec prĂšs de 11 millions de tĂ©lĂ©spectateurs. M6 lancera ensuite Nouvelle Star, Le Pensionnat de Chavagnes, Super Nanny, D&CO et bien dâautres. Lâimage actuelle dâM6 est marquĂ©e par ces programmes destinĂ©s aux jeunes - comme le Morning Live de Mickael Youn rĂ©volutionnant la matinale tĂ©lĂ© â mais la chaĂźne a Ă©voluĂ© en mĂȘme temps que son public.
A 20 ans, M6 sâembourgeoise. La « petite chaĂźne qui monte » veut aujourdâhui devenir une grande chaĂźne gĂ©nĂ©raliste. ConcurrencĂ©e par les nouvelles chaĂźnes de la TNT sur son terrain, M6 entend dĂ©sormais viser tous les publics, y compris celui de TF1. En 2005, elle accueille Thierry Roland, qui commentera 31 des 64 rencontres de la Coupe du Monde de foot. En 2006, elle lance le 12.50, journal dâinformations de la mi-journĂ©e, prĂ©sentĂ© par Anne-Sophie Lapix, transfuge de LCI, et renforce son pĂŽle fiction, diffusant mĂȘme une saga de lâĂ©tĂ©, Laura. De son cĂŽtĂ©, TF1 programme des sĂ©ries en prime time, et raccourcit ses Ă©missions.
En coulisses, la guerre entre les deux grandes privĂ©es du PAF est dĂ©clarĂ©e, sur fond de tĂ©lĂ©phonie mobile et dâinternet. Elle marquera les prochaines annĂ©es de lâhistoire de la chaĂźne.
Source : imédias.biz - 1er mars 2007
























